Pendant des décennies, l'amiante a été considéré comme un matériau de construction idéal. Aujourd'hui, il est classé cancérogène avéré et fait l'objet d'une réglementation stricte. Comment en est-on arrivés là ? Et concrètement, quelles sont vos obligations si votre bâtiment en contient ?
L'amiante est un minéral naturel aux propriétés exceptionnelles : il résiste au feu, à la chaleur, aux produits chimiques et même à l'humidité. Il est léger, solide et surtout il était très bon marché à extraire puis à transformer. Pour les industriels et les constructeurs du XXe siècle, c'était le matériau parfait.
De l'après-guerre jusqu'aux années 1990, l'amiante a été intégré dans une quantité impressionnante de matériaux de construction, pour ne pas dire quasiment partout : dalles de sol vinyliques, colles, flocages de plafonds et de structures métalliques (pour les protéger du feu), plaques de toiture en fibrociment, cloisons, joints, canalisations, enduits...
En France, on estime que la quasi-totalité des bâtiments construits avant 1997 contiennent de l'amiante sous une forme ou une autre.
Le rapport coût/bénéfice semblait imbattable, jusqu'à ce que la réalité sanitaire rattrape tout le monde.
Le problème de l'amiante, c'est qu'il est inoffensif tant qu'il reste intact. C'est quand il se dégrade, ou quand on le perfore, coupe ou gratte, que des microfibres invisibles sont libérées dans l'air.
Inhalées, elles se logent définitivement dans les poumons, le corps étant incapable de les éliminer.
Les pathologies qui en résultent se déclarent en moyenne 20 à 40 ans après l'exposition : cancer du poumon, mésothéliome de la plèvre (un cancer rare et très agressif directement lié à l'amiante), asbestose (fibrose pulmonaire), plaques pleurales.
L'amiante est aujourd'hui responsable de près de 3 000 décès par an en France, selon Santé Publique France. C'est la première cause de maladie professionnelle mortelle dans le pays.
Ce qui rend la situation particulièrement préoccupante, c'est que les bâtiments vieillissent. Un flocage intact en 1980 peut commencer à se dégrader aujourd'hui, libérant des fibres dans l'air sans que personne ne s'en aperçoive, et donc devenir un sujet de santé publique important.
Face à l'ampleur du risque, la France a progressivement construit un arsenal réglementaire.
1997 : l'amiante est totalement interdit dans tous les matériaux de construction.
C'est la date charnière : tout bâtiment construit avant cette année est potentiellement concerné.
2002 : obligation pour les propriétaires de réaliser un diagnostic amiante avant toute vente immobilière. Ce diagnostic doit identifier la présence de matériaux amiantés et évaluer leur état de conservation.
Depuis 2012 : renforcement des obligations pour les chantiers de désamiantage. Toute intervention sur des matériaux contenant de l'amiante doit être encadrée par des professionnels certifiés, et les mesures d'exposition des opérateurs doivent être réalisées par un laboratoire accrédité COFRAC. La Valeur Limite d'Exposition Professionnelle (VLEP) est fixée à 10 fibres par litre d'air, l'une des plus strictes d'Europe, mais qui permet de limiter au maximum l'impact quand il y a exposition.
Aujourd'hui, propriétaires, maîtres d'ouvrage et entreprises de travaux ont tous des obligations précises selon la nature de leur bien et des travaux envisagés.
Chez ADC, nous intervenons à deux niveaux complémentaires.
Le diagnostic amiante permet d'identifier et de localiser les matériaux susceptibles de contenir de l'amiante dans un bâtiment. C'est l'étape préalable à tout projet de travaux ou de vente. Nos diagnostiqueurs certifiés réalisent un état des lieux précis et documenté.
Le prélèvement amiante va plus loin : il mesure concrètement la concentration de fibres dans l'air d'un chantier ou autour des opérateurs qui y travaillent. Réalisés par nos techniciens habilités selon les normes FD X 46-033 et NF EN ISO 16000-7, ces prélèvements constituent la preuve réglementaire que votre chantier est sécurisé et que vos obligations sont respectées.
Notre laboratoire est accrédité COFRAC et intervient partout en France.
L'amiante est présent dans des millions de bâtiments français. Il ne présente pas de danger immédiat tant qu'il reste en bon état mais dès que des travaux sont envisagés, ou que les matériaux comportants de l'amiantes se dégradent, le risque devient réel.
Les obligations légales existent pour protéger les occupants et les travailleurs.
Les ignorer, c'est s'exposer à des risques sanitaires graves et à des responsabilités juridiques lourdes.